Si les amateurs d’art trouvent aujourd’hui le chemin de Gau-Bischofsheim,
c’est entre autres parce qu’un orgue désaffecté de la paroisse St.-Christophe de Mayence fut vendu, il y a plus de 220
ans, pour être installé dans I’église paroissiale de Gau-Bischofsheim,
et c’est là qu’il survécut. A Mayence, il aurait été anéanti le 27 février
1945, lors du bombardement de la ville.
C’est
grâce aux recherches du spécialiste pour orgues Dr. Franz Bösken
que nous bénéficions d’une documentation autorisée sur I’histoire de cet orgue,
le plus ancien de Rhénanie-Palatinat. Selon celle-ci, I’orgue fut construit
en 1667 par Johann-Peter Geissel,
né à Worms et fils du facteur d’orgues Georg Geissel
de Gernsheim pour l’église St.-Christophe
de Mayence, (dont les ruines sont conservées en tant que monument
commémoratif). Le contrat du 9 Juillet 1667 existe encore et contient la
disposition originale des registres. C’était une mécanique de 9 registres à un
clavier, sans pédalier :
Coppel 8’,
Oktav
4’,
Hohlpfeif 8’ gedackt,
Superoktav
2’
Mixtur
1’ dreifach,
Quintflöt 2 ½ ‘,
Hohlflötgen 4’,
Nasard (Sesquialter) 1
½ ‘,
Trompete 8’
A
l’époque, la mécanique coûta 450 florins. J. P. Geissel
déjà, qui fut organiste de St-Christophe de 1668 à
1698 environ, effectua les premières transformations. Cet orgue fut remplacé en
1772 par une construction nouvelle du facteur d’orgues Ernst Weegmann de Francfort. L’orgue des Geissel
fut vendu à Gau-Bischofsheim, comme le prouve Franz Bösken par le double de la facture des archives du
diocésain et de celles de la cathédrale de Mayence. Le 3 mars 1773, la commune
« Gaubissheim » achète l’orgue ancien pour
150 florins et le paie en 3 versements échelonnés sur 3 ans.
Es 1847, l’orgue
connut des changements, une sonorité plus suave, plus romantique, de sorte que
le registre aigu et nasal fut remplacé par un « salicional 8’ » plus
doux et la trompette retentissante par une flûte 8‘ plus délicate. Ces travaux
furent exécutés par le facteur d’orgues Jakob Köhler. Une pédale indépendante
fut ajoutée en 1870 par Philip Embach, de Mayence,
qui se trouvait derrière la mécanique sur une console spéciale :
Subbass 16’
Le
coffre élancé frappe par sa forme ancienne et dut
apparemment correspondre harmonieusement avec l’architecture gothique de
l‘église St-Christophe.
En
l’année de guerre 1917, les buffets de l’orgue furent saisis en faveur de
l’industrie de l’arment. Après la guerre, les tuyaux de la mixture l’ furent
échangés contre une nouvelle mixture triple 2’.
L’état actuel de l’orgue est
le résultat d’une restauration par la manufacture d’orgues « Frères Oberlinger »
à Windesheim, en 1972. Grâce aux
possibilités de la recherche et de la restauration de l’époque, les registres
de l’orgue retrouvèrent la sonorité de l’orgue de Geissel
de 1667.
Le
mécanisme des pédales fut cependant maintenu et complété par deux registres
supplémentaires :
Oktavbass 8’
Flötbass 4’
C’est
ainsi que l’orgue permet aujourd’hui une interprétation stylistique multiple de
la littérature pour orgue et un accompagnement vivant du service religieux.
L’étendue du
registre atteint sur le clavier plus de 4 octaves de do à do ‘’’ et aux pédales
plus de 2 octaves de do à ré’. La hauteur du ton était de 440 Herz, par 18° c.
De
l’orgue original de J. P. Geissel existent donc
encore 5 registres à clavier et des pièces essentielles du coffre. Raison
suffisante pour admirer cet orgue entièrement utilisable, le plus ancien de
Rhénanie-Palatinat et de l’évêché de Mayence.
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